RaIvo

Chroniques de fosse. Punk, post-punk, new wave, cold wave.

PUNK · PARIS

Big Special : pouces levés, bateau qui coule

Au Petit Bain, le duo du Black Country a fait tanguer la péniche : un chanteur au charisme dingue, un batteur qui tient la machine et chauffe la salle, un poème, des tubes, et des toilettes inondées. Même la première partie, Good Health Good Wealth, était dans le ton.

Entrée sur « Rawhide », en mode Blues Brothers. Puis les pouces levés, leur marque de fabrique. Le ton est donné.

Deux sur scène, et ça suffit

J'avoue : je suis encore un peu traumatisé par les groupes à deux depuis Sleaford Mods. Le doute s'envole en quelques minutes. Là, ça envoie du lourd.

Joe Hicklin, au chant, a un charisme de dingue. Callum Moloney, derrière les fûts, le relance sans cesse. C'est lui qui tient la machine, et c'est lui aussi qui fait la causette entre les morceaux, pour chauffer le public à blanc.

Le duo vient du Black Country, l'ancien cœur industriel des Midlands anglais. Leur punk, à moitié chanté, à moitié parlé, raconte la vie ouvrière, le boulot qu'on subit, la tête qui tient comme elle peut. « Desperate Breakfast », petite dinguerie, parle de ce premier repas qu'on avale de force avant de se traîner jusqu'à un travail dont on ne veut pas. Big Special, c'est pour les travailleurs. Et on aime beaucoup.

La fosse prend la mer

La fosse se remplit, et les premières boules Quies fluo apparaissent dans les oreilles. Sur scène, un drapeau irlandais pend à un pied de la batterie. Au plafond, une bouée fait office de boule à facettes. Et de temps en temps, la cale du bateau bouge sous nos pieds. Bon délire.

Le groupe s'offre même un petit poème, au milieu du set. Puis un morceau sur l'argent, où rien ne se fait gratuitement, où il faut bien payer ce qu'on doit, et où l'on finit par vendre tout ce qu'on a, son art compris. Toute la salle le reprend. Et entre deux morceaux, la phrase qui reste : « We will sell your shit ! » Nom nom nom nom. Le batteur part en bain de foule avec un morceau de sa batterie. Et alors qu'il reste encore trois chansons, ils font déjà le rappel.

Et le bateau coula

Petit détail : avant même les premiers morceaux, les toilettes étaient déjà inondées. Le Petit Bain avait des airs de baignoire, et le bateau coulait doucement. Personne n'a quitté le navire.

Une vibe qui monte

Je trouve qu'il y a une vibe un peu cool en ce moment, du côté de ces groupes très chantants, très parlés, à la Yard Act. La première partie, ultra cool au passage, était dans la même veine : Good Health Good Wealth, un autre duo londonien, avec leurs sweats Sergio Tacchini à l'ancienne.

Deux duos dans la même soirée. Et pour la première fois depuis Sleaford Mods, je ressors guéri.

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Fiche

Groupe
Big Special
Première partie
Good Health Good Wealth
Salle
Petit Bain, Paris 13e
Date
jeudi 22 octobre 2026

Pedigree

Big Special · punk, Black Country (Angleterre) · Joe Hicklin (chant), Callum Moloney (batterie) · Postindustrial Hometown Blues (2024), National Average (2025), O' Joy! (EP, 2026)

SO Recordings · label britannique, qui publie Big Special

Good Health Good Wealth (première partie) · duo, Londres · Bruce Breakey (chant), Simon Kuzmickas (guitare)

Acouphènemètre

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Pouces levés, oreilles qui sifflent, chaussures mouillées.

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